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Genres & sexualités dans les Monts du Lyonnais

Les tristesses de fêtes de village

J’organise la vogue en 2017 avec la Maison des Jeunes de mon village, c’est le premier soir, je suis entourée de mes potes, dans un contexte de fête joyeuse. Donc je suis dans mon village, je sers des bières derrière le bar, je chante à tue-tête… je me sens bien et en sécurité.

Ce soir le repas qu’on servait aux gens c’était saucisson chaud-patates et fraises en dessert. Plus tard dans la soirée il en reste plein des fraises, dans un grand plat en inox; je passe parmi les gens, une grande majorité de mecs accoudés de l’autre côté du bar pour leur proposer de se servir direct dans le plat. On est tous bien rond, personne ne se formalise, puis y’a pas de Covid à cette époque. Je porte un imper rouge assorti aux fraises, je fais ma vendeuse de marché en criant « quiii veux des bonnes fraises ?? », et là un type dit « ah là y’en a une grosse de fraise » et il m’attrape le sein en le pressant un peu. Évidemment personne ne réagit et je continue à déambuler comme si de rien n’était, mais à l’intérieur quelque chose se fige.

Je suis en un quart de seconde passé de sujet agissant à l’état d’objet, c’est allé trop vite je n’arrive pas à y croire, comme à chaque fois qu’un truc comme ça m’arrive. Quand j’ai raconté ça à mes potes, j’étais en mode « non mais toujours plus quoi…» en me marrant, et iels secouaient la tête en rigolant aussi.

J’ai failli pas la ressortir celle-là, tellement ça me paraît anecdotique, presque normal…

Nina, Duerne, 26 ans

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