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Genres & sexualités dans les Monts du Lyonnais

La rue appartient à toutes. En ville comme en rural.

En m’installant dans les Monts du Lyonnais après avoir habité à Lyon pendant 2 ans j’ai été soulagée de ne plus faire face au harcèlement de rue. C’était tellement reposant de ne plus faire attention à tout et tout le monde lorsqu’on marche en extérieur.

Et puis un jour de marché à Saint-Symphorien au printemps, en allant retirer des sous en pleine journée une voiture est passée a toute vitesse près de moi en hurlant “J’te baise quand je veux !” J’ai sursauté et suis restée choquée par la violence du moment. L’impunité avec laquelle cette phrase avait été lancée par un homme à une inconnue m’a sidérée. La voiture a continué son chemin et cette phrase n’a sûrement rien changé à sa journée. Moi en un instant et lors d’un moment aussi futile que retirer de l’argent j’avais été sexualisée et me suis sentie renvoyée à un statut de proie.

J’ai essayé de ne pas y penser mais j’ai de nouveau été sur mes gardes en marchant dans les rues, pour ne pas me faire surprendre une fois de plus par cette violence gratuite. Et puis quelques jours après j’ai réalisé. En fait il n’y a pas moins de harcèlement de rue dans les Monts, c’est juste que je me déplace toujours en voiture ou presque. Je suis beaucoup moins présente à pied dans des espaces publics et donc moins exposée au harcèlement.

Ce n’est pas aux personnes harcelées de modifier leur comportement dans les espaces publics, c’est aux harceleurs de le faire. Je ne veux pas avoir peur lorsque je marche, lorsque je me promène, ou lorsque je vais retirer de l’argent. La rue appartient à toutes. En ville comme en rural.

Lucie, St Symphorien sur Coise, 28 ans

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